Iconographie

A travers l’iconographie, nous tenterons de relever les dates des pratiques, les types de sonnailles, les animaux ensonnaillés.

Les gravures rupestres du Sahara

Robert Schwaller, a photographié ces gravures rupestres près de Ideles dans le massif du Hoggar près de Tamanrasset dans le Sud de l’Algérie en 1993. Il l’a publié dans son incontournable Sonnailles et clarines en France . La datation de ces peintures est délicate, mais elles peuvent remonter à 5000 avant J-C. Il propose d’y voir des vaches ensonnaillées.

Jean-Loïc Le Quellec consulté pour avis a donné cette réponse :
<<Il y a beaucoup d’images similaires au Sahara, et elles sont regroupées sous l’appellation générique de « pendeloques sous-jugulaires. » On y a parfois vu des amulettes, mais le plus probable est de les rapprocher de la tradition (de la Corne de l’Afrique) qui consiste à découper le fanon des bovins en ne laissant en réserve que des lambeaux de peau. Je joins deux photos qui représentent cela. Je précise qu’il peut y avoir une ou plusieurs pendeloques de ce type. Je doute donc fort qu’il s’agisse de sonnailles.>>

Sceptique, puisque la date de 5000 avant notre ère entraînerait l’utilisation de cloches de bois, puisqu’on fait démarrer l’âge du cuivre vers -2500, Lionel Dieu a contacté Robert Schwaller qui a donné cette réponse astucieuse :
<<La moitié des vaches à grandes cornes sur ma photo (et d’autres que j’ai trouvées dans des illustrations de livres du Sahara) ont une ligne droite au cou, donc un collier, une corde qui porte un objet plutôt volumineux que droit. Comme dans cette région volcanique on trouve partout des pierres sonores, je me suis permis de formuler l’hypothèse, que les armaillis néolithiques ont attaché des pierres sonores au cou de leur bétail. L’expérience fonctionne parfaitement, le son de deux pierres qui tappent l’une contre l’autre porte assez loin. Sur la photo que j’ajoute à ce courriel vous pouvez voir un caillou, fixé à une corde qui frappe contre une pierre sonore que j’avais ramenée du Hoggar. Cet ensemble tinte et peut être appelé « sonnaille ». >>

Cette hypothèse est séduisante, nous allons tenter de réunir une série d’images qui montre des colliers qui pourraient porter des sonnailles.

La sculpture romane

L’iconographie romane nous renseigne mal. Les enlumineurs n’ont pas ensonnaillé les brebis. Les sonnailles sculptées accrochées au cou des dromadaires, bouc et bélier par un inconcevable système de lacet sont en réalité des reproductions de cloches liturgiques coulées, disponibles comme modèle à proximité du chantier.

Instrument identificateur, mais aussi signalétique pour indiquer la présence de lépreux, on lui attribue un pouvoir apotropaïque pour éloigner le loup et le serpent, par extension le diable et les maladies. Dans la sculpture romane, elle montre qu’il faut s’éloigner des vices symbolisés par les animaux ensonnaillés : la luxure du bouc, la violence du bélier, etc.

Autres sculptures

 

La peinture et l’enluminure

Le Triptyque du Buisson ardent peint par Nicolas Froment en 1475 conservé à la cathédrale d’Aix-en-Provence montre deux béliers portant des redons non bordés et une chèvre (bouc ?) avec un picon monté sur un collier lyre où apparaît distinctement la clavette et l’extrémité de la conjuscle. Photographies Jean BERNARD ©

Répéré par Anne-Marie Brisebarre et publié pour la première fois dans Bergers des Cévennes.

La tapisserie

Une tapisserie exposée aux Hospices de Beaune (Bruxelles, fin XVIe-début XVIIe siècle) illustre la rencontre entre Jacob et Rachel venue faire abreuver ses brebis. L’une d’elle porte une clochette à piquet conique suspendue par un cordon. On remarque les deux outils du berger, souvent confondus par les iconographes et même par les rédacteurs de cartels des expositions : le crochet qui sert à attraper la bête par la patte et la houlette, sorte de cuillère allongée avec laquelle on prend de la terre qu’on envoie à la figure de la brebis pour l’éloigner d’une limite. 

 

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